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Ambassade flamande en Amance
Au centre du village de Vicq, une belle et
vaste demeure de pierres du pays jouxte l’église.
Ce fut le presbytère, qui n’a rien perdu de sa
sérénité. Gerda Peeters et André
Meewis y accueillent pour quelques nuits en toute
cordialité. Côté jardin et
aménagement intérieur, l’esthétisme
a été pensé par le fils designer et
philosophe. Côté cuisine, le fils
maître-queue belge a donné ses conseils. Le tout
est inscrit aux Gîtes de France comme chambres
d’hôtes et s’est vu attribuer ‘4
épis’ dans la hiérarchie de la
chaîne. Le lieu et leurs propriétaires
méritent le détour.
Une maîtresse de cuisine
Jeune femme pour ne pas
déplaire à son mari, Gerda se forme à la
cuisine avec un gros manuel de Gaston Clément datant des
années 50. Depuis quelques années, elle est
passée à la cuisine haut-marnaise avec les
produits du terroir: recettes au Langres, escargots du pays,
asperges de Varennes, viandes élevées sur les
proches pâturages, emmental du Bassigny,
confitures-maison… Son fils, reconnu par le Michelin, lui
apporte son savoir-faire de chef du Slagmolen à
Opglabbeek en Belgique flamande. Gerda aime la cuisine, cela se
voit, cela se sent. Enveloppée d’un grand tablier
blanc, elle réveille la gourmandise en parlant de son
‘progrès aux amandes et chocolat’, des
faisselles de fromage blanc qu’elle sert sur un coulis de
cassis ou de mûres, nappées de crème
fraîche à la louche avec quelques baies. Ses
fournisseurs sont tous des amis qu’elle recommande aux
visiteurs durant leur séjour.
Esthétisme et tranquillité
d’un jardin de curé
Le lieu, très en retrait de la rue,
présente une longue façade lumineuse et une large
cour sur laquelle veille un Saint-Joseph en pierre. Voyons, le
‘jardin de curé’, belle harmonie de plantes
et d’arbres: pruniers, néfliers, noisetiers,
châtaigniers… Bientôt, au centre: une petite
oseraie. Le ruisseau coule là, tout près. Le
philosophe a mis du design dans les plantations et à
même refuser la réalisation d’une petite
terrasse devant une belle baie avec escaliers: cela aurait
été une faute de goût, de culture,
d’éthique et non fonctionnel. Une grande table sur
la pelouse suffit pour y prendre de copieux
petits-déjeuners. Les autres repas sont pris en cuisine,
c’est une question d’ambiance, de partage avec
l’endroit où Gerda, assisté
d’André, mitonne ses plats. Sa cuisine
n’a pas de secret.
Un peu monacale, mais pas austère
À l’étage, les chambres
d’hôte sont au nombre de trois, mais la
mansardée n’est là que pour
dépanner. Dommage, ce pourrait être une retraite
à l’abri du monde! Fonctionnelles, claires,
sobres, les chambres invitent au repos du corps et de
l’esprit. Soudain, Gerda s’anime: ‘Les
experts des Gîtes voulaient que je mette des tentures,
pas question, ce n’est pas dans le style, et je ne veux
pas banaliser mes chambres d’hôtes’. Elle a
tenu à conserver la demeure telle qu’elle fut, un
peu monacale, mais pas austère. C’est une
réussite!
Une certaine image de la France à
leurs compatriotes
Comment ce couple belge d’entre Rhin
et Meuse, en est-il arrivé à venir
s’installer à quelques kilomètres des
sources de la Meuse. L’affaire débute grâce
à une amie, Yvonne Knevels, designer elle aussi, venue
faire un stage à l’Ecole nationale de vannerie de
Fayl-Billot. De là, l’adresse est ramenée
et sitôt mise à profit. La bâtisse
n’avait pas été habitée depuis la
disparition de l’abbé Geoffroy. Après
dix-sept ans, le vieux presbytère revit. En
Belgique, des guides, des ouvrages et même la grande
chaîne de télévision VRT ont porté
un regard d’intérêt sur leur restauration de
goût. 3 000 courriels arrivent après la diffusion
dans la semaine qui suit. Aujourd’hui, le
presbytère est devenu une sorte d’ambassade pour
les belges en villégiature dans le Sud Haut-marnais.
Gerda et André se chargent de leur donner une image de
la France et les conduire à la découverte du Pays
de Langres.
Michel Thénard
La Croix Hebdo de la Haute-Marne
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